Brèves

Ici sont traité des évènements ponctuels, des initiatives de la Mairie de Paris, des sujets d'actualités portant sur la capitale et ayant attrait au patrimoine, à l’histoire ou à la Culture.

En mode "green attitude"

dscn4378.jpgLa Tour Eiffel se met au vert, la Tour Eiffel a les pieds dans l'herbe, la Dame de fer bourgeonne, la Dame de fer étonne.... Nous étions habitués depuis une dizaine d'année à voir la dite demoiselle habillée de dentelle métallique se parer de strass à la nuit tombée, mais aujopurd'hui "green attitude" oblige, les habits changent de tonalité. En effet, il semblerait les pouvoirs publics aient décidé de revoir la gharde robe de la Tour Eiffel et de doter cette dernière d'un habit qui devrait satisfaire écologiste et idéologues environnemental.

C'est un article du Figaro, paru mercredi qui a dévoilé ce  projet, un peu fou, de végétaliser notre vénérable Dame Eiffel.
En coordination et de concert, la SETE (société d'exploitation de la Tour Eiffel) et la Mairie de Paris auraient choisi de faire le pari un peu fou (mais on aime le petit grain de folie parisien...), une pose d'un ensemble de plantes sur la structure métallique, pour une durée déterminée prévue entre juin 2012 et février 2013 pour certains, alors que d'autres avancent que les boutures prendraient racines sur le champs de Mars pendant 4 ans.... 

Le projet, estimé à 72 millions d’euros (et heureusement pas supporté par les contribuables parisiens...)  prévoirait d’installer 600 000 plantes tout autour de la structure métallique du monument. Les plants seraient disposés dans des poches, maintenues par un maillage en fibre naturelle. Cette tour verte devrait absorber une quantité plus grande de CO2 qu'elle même n'en produit, assurant ainsi un assainissement de l'environnement. L'ajout de 138 tonnes de verdure ainsi que d'un poids supplémentaire de 100 tonnes prévu pour un système d'irrigation sur ce bâtiment ne s'avèrera pas pour autant une tâche facile. 

Un projet, cetres un peu farfelu mais à portée écologique (il aurait été évoqué depuis deux ans au ministère concerné), ne serait aujourd'hui toutefois pas confirmé ni par la municipalité ni par la société d'exploitation du monument le plus connu et le plus emblématique de notre capitale.

Quoi qu'il en soit, habillée ou pas de vert, la parure scintillante elle reste sur le corps de la belle et continuera, la nuit venue, de nous faire un peu rêver ....

"Paris Authentic"....aussi authentique que la 2CV

img-1034.jpgC'est avec un brin de nostalgie que je rédige cet article évoquant à lui seul bien des souvenirs....Souvenirs qui sont en vrac, tout aussi sensoriels qu'émotionnels....

Au printemps dernier, j'ai croisé dans la rue Notre Dame de Lorette, un escadron (le terme est peut-être un peu fort certes) de 2CV aux couleurs nationales, cavalerie de "Paris Authentic" qui propose à tout visiteur et autre touriste de visiter Paris de façon plus qu'originale. le 11 novembre dernier, j'ai revu ces vétérantes sur pneus dans la petite rue St Lazare. Quelques photos supplémentaires et j'avais déjà matière à un prochain billet.

Mais je reviens à la nostalgie....car les 2CV, je connais....celle que l'on surnomme encore affectueusement parfois la "deu-deuche" et qui fait l'objet de différentes manifestations automobiles ici ou là chaque année a été ma première voiture....Non je ne suis pas aussi âgée que vous pourriez l'imaginer mais c'est effectivement sur ce levier de vitesse et cet étrange frein à main que j'ai fait mes gammes routières et connu mes premiers moteurs "noyés". Si le confort était tout relatif et la tenue de route plus qu'approximative, la deu-deuche d'un gris perle élégant m'a permis de connaitre mes premières heures de vraie liberté, à un âge où tenir un volant entre les mainspb110025.jpg permet en soi de se sentir pousser les ailes de l’indépendance (enfin, une indépendance elle aussi toute relative quand ladite voiture n'a plus de jauge et que la panne d'essence guette la conductrice distraite...). Mais les seuls bruits si caractéristiques du moteur qui démarre et des changements de vitesse permettent à eux seuls de remonter le temps, à l'époque où cette voiture populaire, que dis je légendaire, était vendue pour être une voiture increvable. 

Preuve en est puisqu'aujourd'hui encore elle séduit les Titis parisiens qui ont monté l'entreprise "Paris autenthic", fana de vieux moteurs et sans doute eux aussi attachés à cette ambiance particulière que l'on ressent à l'intérieur de celle qui fut tout de même construite de 1948 (pour les premiers modèles) jusqu'au 27 juillet 1990.....date à laquelle, celle qui défia les époques et unifia sur son usage les classes sociales prend officiellement fin.
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Cliché français d'une certaine époque me direz vous, oui sans doute et c'est bien pour cela que cette voiture reste une véritable attraction, qui plus est dans Paris. C'est vrai, cette voiture quasiment indémodable, fait partie du charme français et séduit bon nombre de visiteurs qui veulent voir Paris sous un autre angle, autrement plus original que par les couloirs de métro et les trottoirs. Et si le moyen de transport est original la visite proposé par les chauffeur l'est tout autant.

Ainsi, vous pouvez sur une durée de 2 ou 4 heures (aie les fesses, je confirme les ressorts ça fait mal...) vous faire gentiment balader (au bon sens du terme), au son du moteur ronronnant dans Paris, que ce soit de jour comme de nuit et ce sur un des plusieurs parcours possibles que vous aurez défini à l'avance. Balade mythqiueu, baalde romantique, balade légendaire ou encore baalde insoupçonnée...vous serez dans l'habillage élégant du bleu blanc et rouge incontournable dans un Pairs que vous verrez tout à coup différemment. Et si vous résidez à l'hôtel, on vous ramèyne même à la maison.....

 

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Mon chat parisien

pb050020.jpgIl y a déjà quelques semaines, je livrais dans un billet un premier opus en hommage au chat parisien, le chat que nos amis street artistes aiment souvent afficher sur nos murs. En croisant un des derniers collage de M. JB, l'envie m'a pris de composer à nouveau un petit laïus sur nos amis à fourrure et à quatre pattes, au regard hypnotique et à l'âme indépendante.

Et en composant ces premières lignes, je repense soudainement à une "histoire de chat", un souvenir de chat parisien qui me touche directement. Il y a deux ans maintenant, par une soirée d'été, alors que les fenêtres laissées ouvertes jours et nuits, tentaient de faire passer un peu d'air, un félin au manteau roux et aux yeux verts vint me faire une visite "de courtoisie". Le matou avait fait irruption en longeant le toit des Folies Bergères qui jouxte directement mes pénates, pour atterrir directement dans ma baignoire....le sol glissant blanc des sanitaires ne semblant pas l'effrayer (l'indélicat semblait avoir déjà emprunté le chemin en mon absence et effectué un repérage "in situ"), il apparut devant la propriétaire des lieux plus qu'étonnée et surprise.

Passé les quelques minutes d'étonnement réciproque pendant lesquels nous nous sommes dévisagés, le minou en deux ou trois bonds agiles et habiles qui caractérisent la souplesse féline, monta sur ma mezzanine pour prendre la posture du sphinx, le menton relevé et les yeux clos, ronronnant de bonheur et visiblement très à l'aise dans sa nouvelle litière (en l'occurence la mienne....). En constatant que l'animal connaissait déjà bien mon univers, je pris le parti de profiter de cette petite compagnie impromptue, laissant le minet aller et venir à sa guise. Ce petit manège se renouvela plusieurs fois pendant l'été, puis le froid revenant, les fenêtres se refermant, mon ami des Folies Bergères épris de liberté ne revint plus....mais le souvenir de ce pacha de caractère me fait encore sourire....

Pour illustrer de façon plus appropriée les traits de ce "Minnaloushe" qui s'affiche sur les murs de la rue de Charonne et qui n'appartient qu'au monde des rêves que JB nous invite à entre apercevoir ici et là dans Paris, je laisse les vers de William Butler Yeats, qui mieux que mes mots, donnent vie à ce chat fantastique plein de douceur et, qui sait, peut être une fois les lumières de la ville éteintes, dans la nuit noire, ouvre enfin les yeux....

"Le chat s'en allait ça et là,
La lune tournait comme une toupie,
Le plus proche parent de la lune,
Le chat rampant, leva les yeux.
Minnaloushe rampe dans l'herbe
De flaque de lune en flaque de lune,
Et là-haut la lune sacrée
Commence une phase nouvelle.
Minnaloushe a-t-il conscience
Que ses prunelles changent sans cesse,
Qu'elles vont du cercle au croissant,
Pour aller du croissant au cercle ?
Minnaloushe rampe dans l'herbe,
Solitaire, sage, important,
Levant vers la lune changeante
Ses yeux changeants".

William Butler Yeats - "Le chat et la Lune"

Vive "l'art est public", vive la France

pa290118.jpg"L'art est public"....Samedi lorsque je suis passée par la place de la République, je ne m'attendais pas à être accueillie par un cortège et une foule arborant tout feu tout flamme du noir et du jaune, clamant, proclamant et assénant des revendications portant sur la place de l'art et de la culture dans l'espace public et notamment dans le débat politique.

Intriguée par une grande banderole jaune vif sur lequel trois mots frappaient le regard du tout un chacun, je me suis approchée de l'animation, il faut dire qu'au delà de la force de frappe de la couleur et de la signalétique des flèches (tout ça devrait bien plaire à un certain Jef Aérosol), c'est surtout l'accroche qui a parfaitement fonctionné sur mon cerveau et plus spécialement sur sa partie qui concentre toute ma curiosité et mon acuité artistique et culturelle.

Pressée par le temps, j'ai rapidement délaissée les réclamations et les désidérata clamés à grands renforts de hauts parleurs et de chars pour poursuivre mon chemin....mais j'avais déjà l'idée de creuser le sujet qui m'attirait, comme hypnotisée par ces trois mots affichés au centre de la place, sous le nez de Mesdames Liberté, Egalité et Fraternité et sous le haut patronage de l'allégorie de la République  : "l'Art est public"....

Chemin faisant, ces trois mots martelant mon esprit, j'ai soudain compris le jeu de mot choisi pour justement frapper et interroger  : L'art est public = La République : la boucle était bouclée tant sur le fond que sur la forme avec cette association de mots aux même consonance et le choix du lieu de rencontre des manifestants faisant force de présence  et d'action afin d'appuyer leur requête : donner plus de place aux initiatives culturelles en général et plus particulièrement celles des arts de rue, qui permettaient selon eux, un "meilleur vivre ensemble"... "L'art est public" est en réalité la mise en oeuvre de la Fédération nationale des arts de la rue visant à installer dans le débat politique et notamment celui qui s'annonce dans le cadre des élections présidentielles à venir, une place plus importante à la question de la place de l'art, de l'art de la rue et plus largement de la culture dans notre société.pa290118.jpg

Ces trois mots simples mais percutants associé à ce jeu de mots rappellent combien la question de la Culture doit faire partie des sujets, des débats d'idées, des initiatives portées par notre République, c'est à dire nous tous, citoyens comme institutions, décideurs comme exécutants.  Ainsi, ce samedi matin les militants se sont rendus aux sièges des différents partis "afin de présenter l’Appel pour une politique culturelle réinventée aux candidats à l’élection présidentielle".... L'après-midi a permis aux différents convois partis le 26 octobre de province, de se retrouver sur cette place symbolique afin de montrer aux citoyens à travers  une grande action artistique collective et politique (par le biais de l'installation de 4 chaises monumentales par Pierre Surtel), que l'art, en plus d'appartenir à chacun et à tous, est un vecteur et un outil de rassemblement, d'évolution dans notre société. 

Tel un ciment, elle permet la cohésion et l'épanouissement de chacun, quelque soit ses origines, ses goûts, son âge, ses capacités, son histoire et sa culture personnelles, un seul exemple pouvant venir illustrer cette affirmation, celui du succès croissant de la FIAC, que ce soit dans les lieux d’exposition moyennant un droit d'entrée, comme les lieux libre d'accès, rassemblant à chaque fois des visiteurs de tout bord, ayant un seul point commun, leur intérêt pour l'art contemporain. Un exemple récent parmi tant d'autres...

Il est heureux que de telles manifestations aient lieu pour rappeller que sans Culture, une société est comme baillonnée, voire morte, vouée à la stagnation. Si les politiques restent assez insensibles à cette question, souhaitons qu'à d'autres niveaux, le désir de Culture soit vif en chacun et qu'il puisse toujours grandir à travers de multiples expériences et initiatives. 

Vive "L'art est public", Vive la France !

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"Post it battle"

InvaderVoilà qu'il y a quelques mois déjà j’évoquais dans un autre billet street art, le phénomène Invader, bien connu des parisiens curieux et autres aficionados d'art urbain...si depuis quelques années, cette gentille invasion plait aux citadins il semblerait qu'elle soit en passe de devenir un véritable "invadermania", une folie passagère je ne sais pas, mais néanmoins bien réelle....même s'il ne s'agit pas directement de carreaux de mosaïque à l'effigie de ces petits monstres venus d'ailleurs, la référence au célèbre jeu vidéo est très nette... Ainsi, Invader semble avoir doublement atteint son but : celui d'envahir les murs de la capitale, mais aussi d'accaparer les fenêtres des bureaux...et cette invasion là est de taille...imaginez des dessins parfois de plus de 1 m²...on est loin des quelques carreaux collés sur le crépis des façades....

Peut-être avez vous entendu parler récemment de cet engouement aussi récent que soudain des salariés des entreprises de Paris et de la banlieue parisienne qui se sont pris d'affection pour une occupation, certes bien innocente, mais néanmoins prenante que de coller à grand renfort de post it colorés des dessins sur les fenêtres de leurs bureaux....Une invasion de papier à l’inspiration de du devenu célèbre artiste urbain aussi anonyme qu'original et qui atterrit (et c'est plutôt approprié comme terme..) à présent sur les fenêtres des bureaux parisiens. Ici sur les baies vitrées de certaines tours de la Défense, là sur des fenêtres de très chics immeubles anciens (mais bel et bien investis en bureau) du 8ème arrondissement, sont collés, grâce à un savant assemblage de post it colorés, des figures rappelant étrangement celles croisées au détour d'une rue.

Depuis cet été, (période creuse oblige ?), cette mode dérivant parfois dans certains bureaux à de véritables concours inter-entreprises visant à rivaliser dans la complexité des dessins réalisés, prend une réelle ampleur, au point de devenir un véritable challenge pour les salariés des différentes entreprises scrutant les "fenêtres de la boîte d'en face"... On parle ici de "Guerre des post its", là de "Bataille des Post its"....l'atelier collage devenant dans certains bureaux un véritable défi, une joute, un tournoi artistique..img-3696.jpg

Si Invader semble avoir marqué les esprits, inspirant nos "postiteurs" invétérés de quelques bestioles venus de l'espace, il n'est pas non plus la seule source d'inspiration de ces "artistes de bureaux" .. car ce sont également les logos d'Apple, d'Androïd, ou bien encore des mascottes diverses et variées toutes plus ou moins issues de l'univers des jeux vidéo qui investissent les fenêtres. Certains salarié laissant libre court à leur imagination mais la référence au pixel (via le format du post-it) et au design des éléments retranscris lié à l'univers des Game boy et autres jeux vidéos restant de mise.

Détournement d'un objet du quotidien des bureaux, source de créativité et surtout de cohésion au sein des entreprises dans lesquelles on regrette bien souvent que l'individualisme et l’indifférence prennent le dessus sur la convivialité et la rencontre entre individus, cette initiative a au moins le mérite de susciter un esprit d'équipe, de faire naître de nouvelles expressions créatrices, et peut-être à rendre l'univers de l'entreprise un peu plus coloré...

Un phénomène passager ? sans doute comme toutes les modes....et puis lorsque l'hiver arrivera et que le moindre rayon de soleil sera salvateur, nul doute que les post it finiront par rejoindre la corbeille......

"Restons civils sur toute la ligne"...

La RATP sait faire passer le message...il est un peu loin le lapinou qui m'intriguait lorsque mes yeux arrivaient à peine à la hauteur de cet autocollant que chacun aura en mémoire : "Attention, ne mets pas tes mains sur la porte, tu risques de te faire pincer très fort"..... gimmick (terme anachronique, je le reconnais, que notre ami à longues oreilles ne connaissait pas à l'époque), à but préventif et ludique qui était systématiquement plaqué sur les portes des rames de métro, à l'attention des enfants un peu trop inventifs et téméraires.

Non, en 2011 "les codes ont changé", et même si la RATP a toujours un message a faire passer pour que le voyage du tout à chacun se passe sans incident divers, il a effectivement bien évolué, et ce à plus d'un titre...

Et oui, aujourd'hui ce n'est plus les mitaines des enfants que l'on cherche à préserver mais plutôt la sérénité du réseau que l'on souhaite restaurer, il s'agit ici dans la dernière campagne de communication de la RATP, à travers quelques phrases choc et une mise en scène originale, visuelle et percutante, de faire un rappel des notions de civilité et de citoyenneté de base afin que le réseau du métropolitain reste un lieu de passage commun le plus courtois et serein possible. Et il y a faire...

En effet, depuis 1997, la société de transport en commun s’évertue à rendre les trajets des quelques 10 millions d'usagers journaliers (tout de même), plus vivables, alors que les incivilités de toutes sortes sont de plus en plus pointées du doigt et décriées, faisant de ce phénomène en constante augmentation une problématique sociétale clairement identifiée. La RATP a donc choisi une nouvelle fois, de sensibiliser l'opinion, de faire prendre conscience du problème et de créer un échange et un débat sur le sujet à travers une campagne aussi originale que moderne :
Et comme la lapin des années 80, il me semble que le but soit atteint."Restons civils sur toute la ligne" met ainsi en images des incivilités quotidiennes,
Ainsi, ce sont des "qui paraisse aux heures de pointe, risque deux ou trois plaintes", "quand elle est à 86 décibels, une conversation n'a plus rien de confidentiel"..."qui bouscule 5 personnes en montant ne partira pas plus vite pour autant"... placardés sur des panneaux 3 x 4 sur les quais des statiuosn  ou dans les couloirs de métro qui sont autant d'adages moralisateurs destinés à faire prendre conscience qu'un trajet en transport en commun aussi court et quotidien qu'il puisse être se doit de rester civil et serein....

Grâce à un langage lettré, et en même temps direct, accompagné d'une imagerie originale (la mise en scène présentant l'usager délictueux comme un animal), le message interpelle et semble à même de s’imprimer dans l’inconscient collectif.... 

 Mimé par des animaux et accompagné de phrases, dignes des morales des fables de La Fontaine (d'ailleurs doit on cette inspiration littéraire et animale à notre homme de lettre à perruque ? Cela se pourrait bien car le rapprochement entre les deux vecteurs et les deux cibles sont assez proches), il rappelle l'être primaire et bestial que nous sommes tous plus ou moins au fond de nous même. Cet animal urbain que nous sommes tous plus ou moins inconsciemment dans notre comportement : parfois autiste, parfois individualiste, parfois un tantinet ridicule dans nos schéma égoïstes.
Autant de traits de personnalité qui reflètent bien un peu chacun d'entre nous dans l'utilisation que nous faisons de ce lieu de vie et de passage que représente un transport en commun.... Une mise en scène qui aurait certainement amusé le monsieur des fables....

Mais outre cette référence visuelle et littéraire, cette campagne me semble surtout refléter notre société actuelle ; révélatrice du manque de repères qui carence notre vie en communauté urbaine, une carence qui est certainement la mère de nombreux maux. Alors au risque de paraître un peu réactionnaire et vieux jeu, je dis merci à la RATP pour remettre les petits comme les grands, le simple utilisateur comme les fraudeurs, devant les règles primaires de la vie en société. Une campagne de pub qui me semble bien remplir son rôle, même si laisser sortir les gens avant de rentrer dans une rame et  ne pas cracher son chewing-gum-gum sur le quai appartient plus à l'éducation parentale de base qu'à de l'éducation  "made by RATP"....mais là c'est un autre débat....

Les marchés couverts...trop à découverts ?

C'est en montant l'avenue Secrétan (19ème ardt), ce matin et en longeant le marché couvert du même nom que l'idée m'est venue d’évoquer à travers un petit billet ces lieux de vie et de rencontre de quartier, uniques dans Paris. Leurs façades vitrées, les arcades et les colonnades en fonte vertes foncées auxquelles se marie harmonieusement bien souvent le feuillage de quelques platanes ou acacias sont bien typiques d'une certaine époque, pour la plupart de la moitié du XIXème siècle précisément, où l'on savait en toute élégance parisienne qu'il se doit célébrer le mariage de la modernisation apporté par la révolution industrielle avec le sens artistique inné. Cette autre époque où les ménagères et les domestiques venaient faire leurs emplettes tout en devisant....il est un peu loin ce temps où le temps n'avait pas la même valeur temps..justement...et où le commerce de proximité n'était pas encore pris à la gorge par l'oeil du cyclone des supérettes et autres moyennes surfaces, et encore moins par la pression foncière...

Si bien qu'aujourd'hui les marchés sont de plus en plus "à découvert", entendez par là qu'ils n'enregistrent pas suffisamment de gains pour assurer leur survie et leur pérennité...preuve en est, alors qu'ils n'étaient pas moins d’une trentaine, il y a encore quelques décennies, ils ne sont plus aujourd’hui qu'une petite douzaine (11 pour être exacte) et qu'un des leurs doit sa survie aux décisions du Conseil municipal de Paris.....et je dois dire que l'exemplaire vu ce matin ne laissait présager rien de bon pour lui non plus...
Il faut dire que si l'ambiance est toujours agréable dans ces lieux de vie de quartier, foyers de rencontre essentiels dans une ville comme Paris, qui permettent encore de ne pas rendre la capitale définitivement individualiste et anonyme tout en agrémentant le paysage urbain d'édifices un brin romantiques. Il n'en reste pas moins que les prix des produits restent élevés et que la disparité des commerces n'incite pas les habitants à faire leurs courses sous ces belles, mais néanmoins peu pratiques, verrières.
Alors pour sauvegarder son patrimoine urbain et son cachet parisien, la municipalité a décider de mettre en place un "plan de sauvegarde" visant à pérenniser l’activité des commerçants installés à l'abri des colonnades depuis parfois une trentaine d'années. Ce plan de relance consistant à mettre en place une diversification de l'offre commerciale ou d’investissement, accompagné d'une hausse des droits demandés aux commerçants qui ne sont que locataires pour une durée déterminée par bail de leur emplacement (pas sûr que ça multiplie non plus les étals et que cela favorise une concurrence des prix avec les offres de petites et grandes surfaces...).
D'ailleurs à croire les professionnels intéressés par le sujet, ce plan est littéralement pour eux "la mort des marchés couverts de proximité".....Alors, à l'instar de la reprise en main et de la modernisation des kiosques à journaux eux aussi en situation commerciale périlleuse il y a quelques années (et à présent un peu mieux sécurisés, mais probablement avec un système de gestion différent), les marchés couverts, finalement peu nombreux, devraient tout de même pouvoir trouver un moyen de subsister...pour laisser à Paris un peu de son âme....d'antan...
Mes photos d'illustrations ont été prises au Marché couvert de St Quentin, le plus grand de Paris, situé sur le boulevard de magenta. Avec ses caractéristiques briques roses, il fait partie des marchés couverts les plus ancien de la capitale. Mais il faut bien dire que malgré l'animation et le passage qu''il existe dans ce quartier cosmopolite et diversifié du 10ème arrondissement, les allées et les travées sont un peu clairsemées....de même tous l'espace dédié aux étals n'est pas non plus vraiment occupé....Il pourtant bien à souhaiter que ce petit poumon commercial, comme les autres puissent perdurer pour que paris ne soit pas complètement une ville au tout commerce aseptisés....et pour continuer de voir les matins d'été, les rayons du soleil et les feuillages vert tendre caresser doucement les toits et les baies vitrées...

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Quartiers d'été...

En se samedi estival et de départ en vacances (une bonne raison pour se féliciter de ne pas être coincé dans les embouteillages sur la route du farniente) la municipalité de Paris vous propose de participer à la chasse au trésor, rendez vous annuel pour les amoureux de Paris comme pour les amoureux des énigmes et des mystères....voici en quelques mots de quoi il en retournera cette année (source : paris.fr).

Cette année les 10ème, 15ème et 17ème arrondissements rejoignent l'aventure et viennent donc s'ajouter aux 3ème, 6ème, 9ème, 11ème, 12ème, 13ème, 18ème, 19ème et 20ème arrondissements.

Parmi les nouveautés de l'édition 2011, notons une chasse aux trésors sur smartphone dans le 9ème arrondissement (appli iPhone dédiée), trois "parcours experts" pour les chasseurs de trésors les plus téméraires, et une ouverture aux sous-sols de la capitale grâce à un partenariat avec la RATP.

Des versions seront disponibles en anglais afin de permettre aux visiteurs étrangers de participer. La Chasse aux Trésors est accessible aux personnes à mobilité réduite, et les 6ème, 9ème et 13ème arrondissements proposent des parcours totalement adaptés aux personnes aux personnes en fauteuil roulant.

La Chasse aux Trésors de Paris est un événement convivial qui privilégie l'approche d'un tourisme différent, participatif, actif et responsable. Ainsi, les éco-quartiers sont à l'honneur avec l'inscription au coeur de cette chasse des bâtiments HQE, des jardins partagés, des murs végétalisés, des commerces artisanaux, éthiques, équitables et/ou bio. Est également mis en avant le patrimoine vivant parisien avec la participation active des acteurs locaux, des artisans, des riverains et des bénévoles, véritables relais de proximité et vecteurs de partage.

L'aventure est accessible à tous, gratuitement : de 7 à 99 ans vous pouvez venir dénicher les trésors de Paris.

L'énigme de l'édition 2011

Depuis plusieurs semaines, un étrange personnage laisse des monceaux de sable dans les rues de Paris et emprisonne les rêves des Parisiens : il invite les participants à faire un rêve éveillé dans la capitale et rendra leurs rêves aux habitants dès lors que l’énigme aura été percée…

Les prix à gagner

Le 1er prix de la Chasse Eternelle (chasse aux trésors sur tout Paris) sera une expérience touristique inédite : un voyage au Maroc chez l'habitant offert parl'Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire (ATES)  et l'association de tourisme équitable TADDART .

Le 1er prix pour les gagants par arrondissement sera l'ouverture du "Cabaret secret de Paris", un lieu d'ordinaire peu accessible, réservé spécialement aux vainqueurs de la Chasse aux Trésors de Paris (en 2009, par exemple, le Cabaret secret de Paris avait donné rendez-vous aux 38 vainqueurs de la 4ème édition à la Tour Eiffel pour un concert privé de Matthieu Chédid). Pour 2011, le lieu restera secret jusqu'au dernier moment mais promet encore une fois d'être exceptionnel et particulièrement inattendu....

Bonne chance aux participants....

Voilà, les vacances scolaires sont là, l'été aussi, Paris va peu à peu se vider et mon "roman photo" faire un peu plus de farniente pendant ces prochaines semaines. Certes il y aura bien de temps en temps au gré de mes balades un petit article sur un bâtiment ou sur une fontaine, une initiative actuelle ou un endroit insolite...mais le clavier va un peu moins sonner sous mes doigts.... pour ce roman photo parisien. Par contre, la rue est la cimaise devrai(en)t elle(s) certainement s'enrichir de quelques articles et de quelques photos....

Quand les anamorphoses se mettent au vert...

Oui, Paris a aussi ses petites incursions de land art, celui ci n'étant pas réservé aux champs, massifs escarpés et autres barrières de corail....et quand la capitale invite le land art dans ses murs, c'est tout en subtilité...avec pédagogie et esprit ludique.

Jusqu'au 16 juillet le parvis de l'Hôtel de ville se met au vert....mais pas n'importe comment. A travers un jardin éphémère, une anamorphose géante a été installée juste devant la mairie dans un jardin contemporain symbolisant le lien entre la nature et la ville et leur cohabitation parfois difficile. Ont été mis en place sur une grande partie du parvis, bacs pour plants d'arbres, dunes, parterres et autres surfaces de gazon.....un drôle de paysage quand on connait la mairie de Paris dans son écrin fait de pierre et d'ardoises...
Vision moderne du trompe l'oeil, l'anamorphose ici présentée est un assemblage de lignes géométriques en vison trois dimensions qui se transforme quand on les regarde à partir d'un point de vue bien défini.
La démarche proposée au visiteur réside dans un parcours fait d'un enseignement écologique et environnemental, agréablement illustré de photos, et finissant par la vision de l'anamorphose en haut d'une estrade, surplombant l'ensemble de l'installation. Cette image à l'effigie d'une mappemonde (d'aucuns y verront certainement plutôt un ballon de foot ou de basket....mais bon...) nous rappelle qu'en protégeant les arbres de notre ville, nous préservons l'avenir de la cité et agissons pour l'environnement de la planète.
Une image amusante à découvrir du haut de cette estrade et qu'il est presque difficile de saisir sans qu'elle ne soit pas approchée de trop près par un passant curieux de comprendre le comment de cette installation...Un illusion d'optique qui interloque, pour mieux faire réfléchir.
Conçue par François Abelanet, architecte DPL et plasticien de land art a été réalisée par les "équipes de la direction des espaces verts et de l'environnement de la ville de Paris. A la croisée de l'architecture et du land art, elle illustre le mariage entre urbanisme et nature. entre minéral et végétal. Une image parfaite qui évoque l'espace urbain et les plantations caractéristiques des arbres parisiens le long des rues et des boulevards. Un écriture originale pour un message essentiel à tous, celui de nous inciter à respecter notre patrimoine arboré, afin de laisser aux futures générations un capital environnemental viable.

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Une rénovation pas en carton pâte...

Décidément il est souvent question de façades dans Paris (vous me direz, la capitale n'est composée à priori que de bâtiments donc.......), des façades anciennes, modernes, défraîchies, retapées, en travaux, cachées, visibles, connues, oubliées....celles qu'on préserve et qui font donc l'objet d'un ravalement ou d'une quelconque réfection. Voilà donc après mes différents chapitres sur les politiques de rénovations d'ensembles architecturaux parisiens, un nouvel opus à ceux déjà édités sur le sujet.

Après les déboires criards de l'Opéra Garnier, bâches qui ont finalement fait place au printemps dernier à une peau claire et veloutée, aux diverses apparitions de simulations de vieilles pierres (hôtel du Crillon) et autres flacons de parfum de luxe (Conciergerie, j'en passe et des meilleurs...), voilà un nouveau style d'habillage qui a plus trait à un judicieux camouflage que je situe entre l'inattendu, le pastiche heureux, et la "green attitude"...(je m'explique là dessus d'ici quelques lignes...).

Sur la façade des bureaux du Crédit Lyonnais du 19, boulevard des italiens a donc été apposée durant les travaux de rénovation, une couverture appropriée permettant au quartier de ne pas ressembler à un Bayrouth 2011 et à l'immeuble convalescent de protéger son périmètre de travaux, le tout dans une ambiance bien particulière. Est ainsi apparut tout récemment sur le pourtour de l'immeuble en question, une installation "king size" en simili papier kraft, papier recyclé, scotch et autre carton ondulé, reprenant trait pour trait les décors et les motifs de pierres se trouvant juste derrière ce paravent protecteur, aux couleurs fidèles de la pierre. 

Ainsi les cariatides ont été gardées, la grosse horloge également, les fenêtres à fronton aussi, le tout dans un esprit flottant entre le moderne, et le classique. Une politique de travaux de rénovation aussi intelligente qu’originale, supervisée par la société Athem, spécialisée dans la mise en scène de communication très grand formats, qui évouqe le projet : « Un chef d’œuvre d’architecture contemporaine jouant avec la métamorphose de l’immeuble en travaux, utilisant le papier mâché, le carton, les dessins, le scotch, dont le double objectif est de masquer le ravalement par l’art, et d’octroyer à LCL une image de modernité, en s’appuyant sur le côté étonnant de la toile »

Une installation qui n'est pas sans rappeler les maquettes de ville en carton que l'on faisait (jadis ?) avec cutter, colle, mais aussi patience et minutie ...Une sorte de paquet cadeau qu'un noeud à la ficelle vient jutement souligner....un cadeau à la future clientèle privée du Crédit lyonnais à qui ces locaux seront désormais dédiés à la fin de l'année (suite au déménagement du siège central de la banque à Villejuif, le crédit lyonnais a effectivement décidé de rendre à ce bâtiment sa vocation première, c'est-à-dire accueillir sa clientèle banque privée et entreprises).

Grâce à ces teintes "naturelles" à ce système de trompe l'oeil orignal (à tous les sens du terme), l'ensemble se fond parfaitement à l'environnement de bureau un tantinet classique, avec un petite note décalée en référence à la papeterie écolo, dans son décor urbain, que ce soit vis à vis des autres immeubles que des parties originales du bâtiments laissées à découvert.

Un exemple que devrait sans doute suivre les pouvoirs publics pour les bâtiments dont ils ont la responsabilité et ainsi donner à la ville comme aux parisiens et aux passants, l'agrément d'une unité et d'une harmonie urbaine. Une façon aussi d'éveiller la curiosité des passants dans ce quartier de banque, où de nombreux bureaux ont élu domicile, un petit intermède décalé et amusant...Une image alliant classique et moderne

 

Le Manoir de Paris ou la paradis des frissons...

L'un de mes premiers billets était consacré à une adresse du 10ème arrondissement, rue de paradis précisément...je m'insurgeais à cette occasion devant les bâtiments parisiens notables faisant l'objet d'un abandon manifeste de la part des pouvoirs publics. en effet à l'automne dernier, le 18 de la rude Paradis, ancien magasin de la faïencerie Boulenger, (célèbre pour avoir notamment réalisé le revêtement blancs des couloirs et des voûtes de métro...) était à la dérive, dans des travaux de rénovation, conservation qui n'en semblait presque pas être tant les avancées et mes ouvriers semblaient être fantômatique. 

Et bien j'aurais du faire un peu plus confiance aux pouvoirs publics et aux initiatives en tout genre et tourner ma langue un certain nombre de fois dans ma bouche...En effet, j'ai appris récemment, grâce à la "révolution 2.0" que ladite adresse était tout simplement pris depuis quelques semaines une nouvelle identité : la chic mais néanmoins étrange dénomination : "Le Manoir de Paris". L'établissement (enfin, si je peux dire...) a ouvert ses portes (grinçantes) il y a peu aux premiers visiteurs curieux....Il convient de préciser que cette demeure est en réamité un lieu de divertissement ..... fantastique. Mais quand j’évoque ici le terme de fantastique c’est qu'il s'agit bien de peur, de frousse, d'effroi, d'horreur, d'épouvante...car la fabrique a troqué ses carreaux pour un autre commerce, celui d'une attraction ....attractivement effrayante....Mais outre le fait de faire frémir ses visiteurs (et le but est parait il réussi....), c'est également de faire découvrir les légendes de la capitale, comme celle du fantôme de l'Opéra, des catacombes de Paris, la prsion du masque de fer, le fantôme du jardin des tuileries, la bibliothèque de l'alchimiste (tiens ne s'agirait il pas d'un certain Nicolas Flamel ? mais si...),  le cimetière du Père Lachaise et quelques autres encore...
Alors sans y être encore moi même allée pour jauger de l'épouvante ...voilà les informations pratiques pour succomber aux frisssons et autres frayeurs qui donnent la chair de poule....à faire en famille, entre copains un peu potache, seul pourquoi pas, enfin à voir...
Le Manoir de Paris
vendredi, samedi, dimanche de 15h à 20h00.
18, rue de paradis - 75010 (M° Poissonnière).

Défense d'afficher les éléphants

C'est en repensant à un ancien cliché pris il y a quelques mois sur un coup de tête et le sourire aux lèvres que j'ai décidé ce soir de rédiger quelques lignes relevant du droit et de l'histoire liées à un fait historique dont nous fêtons cette année les 130 ans : la loi du 29 juillet 1889, relative à la liberté de la presse, 

En effet, devant ce calembour potache photographié en plein Paris transformant un réglementaire et catégorique "défense d'afficher" en une "défense d'éléphant", comment ne pas rebondir et évoquer un sujet qui concerne tant nos droits et devoirs citoyens que notre environnement urbain quotidien ?

Le jeu de mot relayé par les nombreuses mentions "défense d'afficher - loi du 29 juillet 1881" apparaissant sur de nombreux bâtiments parisiens, m'a donné envie de faire ce petit laïus historique....pour tenter de mieux comprendre le pourquoi du comment de cette disposition, presque surannée, parfois défraichie sur un mur d'école ou de mairie, mais pourtant toujours en vigueur et pour le moins respectée, quand elle n'est pas détournée !

Si les murs parisiens représentent un belle cour de récréation pour beaucoup d'artistes et autres agitateurs artistiques urbains, certains d'entre eux sont tout de même protégés des invectives en tout genre....mais quelle était la raison exacte de cette loi : y-avait il à l'époque pléthore d'afficheurs et d'affichages sauvages nécessitant un contrôle politique? Ou voulait-on tout simplement protéger les bâtiments publics?

La loi du 29 juillet 1881 encadre la liberté de la presse, définit les libertés et responsabilités de la presse française, imposant un cadre légal à toute publication, ainsi qu'à l'affichage public, au colportage et à la vente sur la voie publique. En fait, c'est l'article 15 du chapitre III de la loi visant à protéger les panneaux réservés à l'affichage administratif qui est devenu un passage  célèbre, plaqué sur de nombreux murs des villes. L’affichage public a ainsi été limité, la loi prévoyant que certains espaces ne puissent devenir des supports d’affiches. Notamment les lieux propres à la vie publique, tels que les écoles primaires, les mairies....ces bâtiments où la vie citoyenne s'exerce (en faisant office de bureau de vote par exemple). 

Il est assez étonnant que l'affichage ait été inclus dans cette loi visant à encadrer la liberté de la presse, lui imposant des limites, comme par exemple ne pas atteindre à l’honneur d’un citoyen. Quoi qu'il en soit, si la directive est plutôt respectée, certains font preuve d'humour pour parvenir à afficher (c'est le cas de le dire) leur zèle....

Le 59 Rivoli ne se tait pas...

C'est donc sans Désiré que je suis retournée il y a quelques jours "Chez Robert", pour prendre le pouls de l’exposition en cours, puisque l'un des principes de cette adresse artistique "pas comme les autres" est de proposer un accrochage différent tous les quinze jours.

La galerie que j'ai rejointe dimanche présentait cette fois ci, non plus le thème du capitalisme et ce que ce concept peut véhiculer comme symboles ou sentiments, mais celui de la mafia italienne, ce qu'elle sous entend et ce qu'elle impose à ceux qui sont, de près comme de loin concernés : le silence. D'où cette photographie introductive sur le flyer, assez explicite, présentant un téléphone, silencieux, témoin d'une omerta qui oblige les lèvres à rester serrées et les yeux à rester fermés, souligné par un non moins catégorique "Tais toi !" pointé. 

Ainsi la réalité italienne, "de plus en plus insupportable", comme l'énonce le dossier de presse proposé au visiteur, est exposée mais non dénoncée, car révélée et expliquée de manière voilée, indirecte et plutôt inattendue. 

Les artistes présentés aux parcours variés, désireux de dénoncer ce système de fonctionnent qui tourne "à l'envers", ont choisi de façon subtile et diplomate de prendre parti politiquement contre un Etat qui ferme les yeux au point d'en oublier (à moins que ce ne soit  museler de façon maquillée), la culture. 

Oui, car quand le politique ne parle plus, c'est l'art qui prend le relais pour ne pas laisser la tyrannie silencieuse l'emporter. L'art remplace la voix et bien souvent, cette voix, "silencieuse" justement, mais d'un autre point de vue, est bien plus percutante et se fait davantage entendre, car cette voix là se relaye et dépasse les frontières.....

Ainsi, huit artistes se sont retrouvés "Chez Robert" pour justifier leur position et leur mission de faire entendre la voix de ceux qui se taisent, de dire ce qui est tu, de dénoncer le silence étouffant et donc à proprement parler, mortel.

Sans dossier de presse et sans explications, il ne m’apparaît pas nécessairement aisé de comprendre le sens de cet accrochage et la démarche de chacun des artistes, mais en se penchant un peu sur chacune des oeuvres, on en comprend un peu mieux le sens.

Voilée et indirecte donc, pour le moins sous entendue et "cryptée", l'exposition ne peut interpeller le visiteur que si elle est un minimum explicitée. Pour rendre compte de la démarche proposée révélant un sujet lourd, sombre et épineux, j’évoquerai quelques oeuvres rencontrées qui m'ont interpellée (mais pas vraiment pour la raison pour laquelle elles sont exposées).

La "macro famille italienne" de Daniele Fabiani, surprend notamment et me semble  correspondre effectivement aux évocations de la mafia : les liens du sang par les ressemblances entre les personnages, le silence, l'uniformité, la soumission, la monotonie, la non-identité qui découle de l'omerta. L'utilisation de la grisaille retransmet nettement cette impression, de même que le tracé et le coup de pinceaux, volontairement flou et inachevé indiquant l'anonymat, la servitude à la bouche cousue et l’assujettissement aveugle induits par le système mafieux. 

La grande toile colorée de Mariana de Marco évoque clairement quant à elle l'emprise du système sur les masses populaires. Là aussi, l'anonymat et la suprématie d'une minuscule caste sur la majorité du peuple indique le pouvoir que peut prendre l’activité criminelle, en toute impunité. 

Quant aux oeuvres de Dino Molinari, elle mettent assez clairement en valeur les cinq sens et bien sûr celui de la parole. Les sens qui semblent fermés en période d’oppression et de silence forcé. Une servilité qui au-delà de rendre anonyme, détourne l’être de son "moi profond" et de son intégrité intellectuelle.

Mais les œuvres qui m'ont le plus touchée et le plus parlé (en n'ayant pourtant pas du tout la camorra derrière la tête, il faut bien le dire…), ce sont les sculptures d'Ivo Casana (qu'on aurait facilement envie de rebaptiser Casanova), dont les sculptures de bois suggèrent plus une sensualité exacerbée qu'une mise en avant d'une vieille carapace qui vole en éclat pur révéler l’intériorité de la personne qui souffre en silence. Ces corps largement érotisés faits de bois poli invitant à la caresse, ne me sont pas apparu comme étant un parti pris des victimes de la mafia.....

Mais si les travaux exposés ne semblent pas correspondre (d'un premier abord, et cet avis reste bien sûr tout à fait personnel), au sujet pour lequel ils ont été invités, ils n’en restent pas moins des vecteurs de réflexion et d’imagination et c’est déjà en soi le premier but de l’œuvre d’art qui est atteint.

Ainsi, même si le sens de lecture n'est pas dans tous les cas très explicite, mais plutôt sous jacent, chacune des oeuvres est intéressante à observer, certaines d'entre elles invitant effectivement à réfléchir et à témoigner de la force de l'art pour dire et faire sortir les maux, sans mots.

Un sujet intéressant, mais je regrette simplement une mise en espace pas suffisamment exploitée à mon goût et de trop nombreuses cimaises vides (je souhaite que ceci soit du au succès des premiers jours...).

 

"Ethnic Angel" ou le tour du monde en 80 pays en plein Paris

Il existe depuis environ un an maintenant rue du Faubourg Montmartre, dans ce 9 arrondissement que j'aime tant, ce quartier parisien que le Figaro titrait il y a quelques temps de « branché et familial », que le Point affichait encore tout récemment en couverture, mettant en exergue son coté dynamique et varié, fait de diversité aussi bien culturelle et intellectuelle, qu’artistique et économique, un concept commercial et culturel à découvrir. Oui, c'est au cœur de cet arrondissement que je connais bien que je m'attarde un peu ce soir pour justement illustrer l’art de vivre, l'esprit et l'air ambiant qui flottent entre l'Opéra Garnier et le Square Montholon, entre l'avenue Trudaine et les grands boulevards, entre la Maison Dorée et la Gare St Lazare, entre le Musée Grévin et le Théâtre Edouard VII, pour ne citer que quelques points de vie et d’attache culturelle

Pour ce faire, je vais évoquer un lieu où le commerce s’allie à la culture donc, et ce de façon aussi simple que subtile.... Le but de ce blog étant de parler de Paris sans toutes ses dimensions, en particulier culturelles, je ne crois pas déroger à cet objectif à travers ce billet.

Ce soir il sera donc un peu question d’une tour du monde non pas en 80 jours mais en 80 destinations, une "Dolce Vita" à travers les parfums, les sons, les matières, les goûts, les formes et les couleurs, à travers un concept que j'ai pas encore réellement vu dans la capitale, quelques chose qui me semble inédit dans l'esprit, dans la forme et dont je vous recommande la visite, (en espérant que ces quelques lignes sauront vous convaincre....).

"Ca vous dirait de faire vos courses dans 80 pays ?" C'est par cette question que s'impose le concept proposé par "Ethnic Angel", un supermarché de quartier totalement différent, de par les produits présentés à la vente, effectivement en provenance d'horizons aussi lointains que divers et variés mais aussi par la nature mêmes des rayons proposés.

Mode, culture, beauté, déco, et bien sûr alimentation qui vous permettent en quelques foulées et sur quelques centaines de mètres carrés de faire un petit voyage  en passant simplement  d'un rayon à l'autre. Épices, céréales, fruits et légumes exotiques, produits alimentaires étrangers, souvent inattendus que vous ne trouverez pas dans votre supérette habituelle... gâteaux secs anglais, pâtes italiennes et autres bocaux cohabitent gracieusement avec masques africains, et tentures extrême orientales... Une décoration à la fois moderne et traditionnelle, moderne dans la présentation, traditionnelle de par les produits présentés.

Mais « Ethnic Angel », n'est pas qu'une moyenne suface pour aller chercher une bouteille d'eau, un paquet de lessive, des pommes, des biscuits ou des épices, c'est également au premier étage un espace de déco, de beauté et puis surtout un restaurant, un bar à vins, un salon de thé, où vous admirez également sur les murs les œuvres de l'artiste du moment. Un espace de restauration où il est proposé une cuisine élaborée qui tire évidemment ses origines d'ici et ailleurs, au regard et à l'image des rayonnages du magasin. De façon simple mais raffinée, la nourriture terrestre se mêle à la nourriture de l'esprit et de l'âme à travers l’accrochage des cimaises.

Un espace culturel à part entière où les cinq sens sont mis en éveil, presqu'en compétition à travers les formes, les couleurs, les senteurs des aliments comme les fragrances de l'espace beauté, aux sons de la musique offerte à vos oreilles pour agrémenter en tout quiétude votre parcours. Un achalandage cosmopolite donc, que d'aucuns pourraient qualifier de déstructuré, mais que je verrais plus orienté vers une bohème bien aménagée.

Ce qui marque l'ambiance et l'esprit d’entreprise de cette structure où les notions de développement durable, de commerce équitable, et d’agriculture biologique ont toute leur place, où les produits courants du quotidien côtoient en tout simplicité ceux qui font le petit plus et les petits luxes, le superficiel, qui rend votre quotidien plus "exotique" mais aussi plus lumineux, c’est la convivialité discrète mais bien présente baignant dans une réelle simplicité.

L’ambiance est également en harmonie avec le concept et les produits présentés. A n'importe quelle de la journée une musique accompagne votre visite qui ne peut vous inviter qu'à la nonchalance la flânerie, presque le farniente; blues, jazz, musique étrangères, opéra, tout s'accorde et se complète au cadre, en présentant une juxtaposition des genres qui au lieu de repousser et totalement séduisante.

Aller flâner chez « Ethnic Angel », c'est déjà avoir envie de partir en voyage, un dépaysement sans sortir de Paris. Echanges, carrefour de culture, cet espace est plus qu'un magasin, qu’un lieu de commerce, c’est un lieu de contact, de convivialité, assurément un lieu de vie unique. « Ethnic Angel » m’apparaît comme un nouveau drugstore du XXIme siècle (à taille raisonnablement et agréablement humaine), inévitablement tourné vers l’ouverture, la diversité, l’échange culturel, la mondialisation, l’équitable, le cosmopolitisme dans ce qu’il a de plus large.

 

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La valse des colonnes Morris

Elles sont cylindriques et tournent tant qu'elles peuvent, elles vous donnent envie (ou pas) d'aller au théâtre ou au cinéma, elles sont dignes et fières avec leur chapeau pointu....vous aurez deviné que je parlerai ici ce soir de la valse des colonnes Morris...oui je dis bien une valse....car outre le fait qu'elles sont effectivement rotatives, elles sont sous la menace depuis quelques années de valser pour de bon, comprenez, de dégager le terrain, de déguerpir, bref d'aller danser ailleurs que sur le bitume de nos trottoirs parisiens...
Mais avant de comprendre le pourquoi du comment de ce tango funèbre, rappelons de qui nous tenons ces colonnes dressées tels des I sur les grands boulevards et avenues de la capitale.... Introduite à l’origine en Allemagne dès 1854 pour lutter contre l’affichage sauvage, elles sont installées initialement à Paris par l’imprimeur Gabriel Morris qui obtient en 1868 la concession à des fins publicitaires....En effet, au 19ème siècle l’affichage public n’est pas réglementé, ces colonnes présentent donc l’intérêt de juguler et d'encadrer l'affichage de toute sorte qui trouve alors sa place aussi bien sur des urinoirs (doté d'un panneau d'affichage à l'extérieur), les murs, les arbres...Par souci d'hygiène, le système est remplacé par l'implantation d'une part des colonnes Morris pour l'affichage et par les vespasiennes d'autres part pour les commodités.
Mais ces colonnes ne sont pas non plus de simples vitrines à spectacle tournantes....elles cachent sous leur écorce de verre et de papier éphémère, un espace servant aussi bien à entreposer du matériel de nettoyage, d'affichage, des cabines téléphoniques, et mêmes parfois des toilettes publiques.
De verre et de fonte, elles sont composées d'une élégante marquise verte hexagonale décorées aux angles de six mufles de lion (ou du symbolique bateau du "fluctuat nec mergitur") le tout surmonté d'un dôme bombé décoré d'écailles et d'une flèche ornée de feuille d'acanthe. 
Elles font depuis leur apparition totalement partie du paysage parisien et ont largement inspiré les artistes comme les écrivains (Proust notamment). Après avoir investi les rues de Paris il y a 150 ans, et rythmer la vie culturelle parisienne, elles ont depuis colonisé celles de la province, mais pas simplement...on trouve même nos emblématiques colonnes dans l'Empire du Milieu...
Mais alors, si elles sont si emblématiques, si typiques, et si symboliques de l’histoire de la vie parisienne, pourquoi s'en débarrasser ? Et bien depuis 2006 elles doivent se montrer discrètes (difficile me direz vous pour une colonne, de quelques 10 mètres de haut, et comptant un effectif de près de 800 consoeurs...)....en effet, la municipalité a décidé il y a quelques années de supprimer 223 colonnes afin de "désencombrer l'espace public", ce qui n'a pas manqué de susciter une polémique, les détracteurs reprochant à la Mairie de Paris d'utiliser le prétexte du confort visuel pour maquiller une nouvelle donne financière : et pour cause, la disparition de supports dédiés aux annonces de spectacles profiteraient à des supports publicitaires plus rentables (hausse du pourcentage versé par le concessionnaire). Et puis c'est aussi et surtout un lancement des pièces et autres spectacles de moins grande ampleur et de moindre efficacité amenant vraisemblablement un réel préjudice aux responsables de salles de spectacles. Ces derniers dénonçant également un espace visuel promotionnel réduit, pour davantage de recettes pour la Mairie de paris, sans pour autant que les moyens dégagés soient ensuite consacrés à la culture....
Qui sait ......en effet, dans le même laps de temps, la mairie a choisi de remettre à flot le contingent de kiosque à journaux (voir mon article sur le sujet), c'est donc visiblement plus de revues (papier), moins de "revue" (dansée)....En attendant, difficile d'imaginer Paris sans ces colonnades jalonnant les places et les grands axes, apportant par leur danse tranquille une note de festivité et de gaieté, ...Dans notre monde un peu gris et parfois bien triste, laissons au monde du spectacle la possibilité de nous apporter un peu plus de vie et d'humanité...

A l'aube du printemps, lyrisme et poésie...

 Le printemps se fête ces jours ci, certes un peu en avance, à travers vers et bons mots, qu'offre comme chaque année "le printemps des poètes" qui se tient jusqu'au 21 mars, dans toute la France, proposant aux petits bardes comme aux grands élans lyriques, aux poètes des nuits blanches, du métro comme à ceux des heures perdues de boulot, de multiples initiatives pour fêter odes, psaumes et autres quatrains. Comme le souligne la marraine de cette édition, Juliette Binoche, "la poésie s'apprivoise", alors n'hésitez plus à lire des classiques de l’alexandrin comme leurs héritiers contemporains, ou encore Aimé Césaire, mis à l'honneur cette année, pour cette édition placée sous le signe de l'Outre mer, mais aussi sortir écouter, déclamer (et oui, pourquoi pas......) ou encore sauter le pas et rejoindre un atelier d'écriture.....

Vous trouverez sur le site Paris.fr ou le site officiel du printemps des poètes, des idées printanières pour fête, le coeur léger l'arrivée du printemps...

A quelques jours du printemps (le vrai cette fois..), je laisse ce soir la parole au grand Paul Verlaine poète (parmis d'autre), du XIXè siècle. Je ne peux m'empêcher bien sûr de choisir dans son répertoire, un texte en hommage à notre capitale.... 

"Paris n'a de beauté qu'en son histoire, 
Mais cette histoire est belle tellement !
La Seine est encaissée absurdement, 
Mais son vert clair à lui seul vaut la gloire.

Paris n'a de gaîté que son bagout,
Mais ce bagout, encor qu'assez immonde, 
Il fait le tour des langages du monde, 
Salant un peu ce trop fade ragoût.

Paris n'a de sagesse que le sombre 
Flux de son peuple et de ses factions, 
Alors qu'il fait des révolutions 
Avec l'Ordre embusqué dans la pénombre.

Paris n'a que sa Fille de charmant 
Laquelle n'est au prix de l'Exotique 
Que torts gentils et vice peu pratique 
Et ce quasi désintéressement.

Paris n'a de bonté que sa légère 
Ivresse de désir et de plaisir, 
Sans rien de trop que le vague désir 
De voir son plaisir égayer son frère.

Paris n'a rien de triste et de cruel 
Que le poëte annuel ou chronique, 
Crevant d'ennui sous l'oeil d'une clinique 
Non loin du vieil ouvrier fraternel.

Vive Paris quand même et son histoire
Et son bagout et sa Fille, naïf
Produit d'un art pervers et primitif,
Et meure son poëte expiatoire !"

Paul Verlaine
1844-1896

Les "amoureux lumineux"

Quel est le point commun entre Aurélien, Alban, Julien, Sylvie, Sandra, Soraya, Rosa, Corinne, Merwan, Pikatchou et autres "Petitou"?..... et bien c'est que ce sont tous des "amoureux lumineux" de la Saint Valentin 2011...

L’initiative de la Mairie de Paris pour cette journée placée sous le signe de l'amour (voyons les choses sous l'angle des bons sentiments et non sous celui de l’activité commerciale...), reflète l'âme de la capitale, capitale de la France mais aussi capitale de l'amour....Ainsi le mois dernier il a été proposé aux parisiens de transmettre le jour de la Saint Valentin un message d'amour à l'élu(e) de leur coeur, et ce, de façon toute particulière, originale et sans doute inoubliable pour son destinataire.....

Pensez donc.... imaginez vous lire une déclaration, un remerciement ou une demande en mariage sur un panneau lumineux parisien, message qui vous est personnellement adressé et que vous lisez en même temps que des dizaines d'autres passants dans la rue ??  Une surprise d'autant plus touchante qu'elle aura été sélectionnée parmi les quelques 2000 messages qu'ont envoyé les parisiens séduits par cette idée originale...Un cadeau de la Saint Valentin qui restera sans doute dans les mémoires de ceux pour qui cette attention a été porté...
Ainsi, c'est 150 messages qui ont été finalement retenus pour habiller les 170 panneaux lumineux de Paris, le temps de ce 14 février, et émouvoir aussi bien les destinataires de ces demandes en mariage, invitations à vivre
ensemble, petits poèmes ou grands élans que les passants lambda qui y verront soient un coup de bol pour les expéditeurs transis, soit une preuve d'amour très motivée pour leur heureux destinataires, soit tout simplement pour les grincheux-solitaires-sans-âme-au coeur-froid-et-rabougris l'expression d'un mythe que les statistiques affligeantes sur l'amour et le mariage viennent déglinguer à la moindre occasion...

On ne peut que souhaiter que ce témoignage d'amour soit l'expression d'un sentiment véritable et profond. Si les panneaux lumineux pouvait à eux seuls éclairer les coeurs obscurs et préserver Cupidon de l'oeil du cyclone du divorce....l'humanité serait sans doute légèrement différente.... Une heureuse et touchante initiative qui, chaque année, connait son succès, en tout cas souvenirs assurés pour les amoureux concernés...

J'ai ainsi pu immortaliser ces quelques instants "fleur bleue" qui montrent que l'amour reste une raison d'être pour chacun, et que la famille reste un idéal de vie pour bon nombre d'entre nous...Je n'ai pas suffisament matière pour effecvtuer des statistiques à aprtir de la trentaine de mesages que mon appareil a pu saisir mais il semblerait qu'une vraie "parité" existe dans les déclarations...Par contre je n'ai lu aucun message au nom d'une certaine Liloulilas.... :(

Vous pourrez retrouver d'autres messages lumineux dans le diaporama "Amour !"

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Le prix de la rénovation : Mécénat ou sponsoring ? - Partie 2

rue Cadet - 9ème ardt Ce billet fait suite à un premier opus que j'avais écrit à l'automne dernier, quand, au hasard d'une balade, mon regard avait croisé (enfin, je devrais je dire plutôt "heurté") les bâches gigantesques recouvrant les échafaudages de l'Opéra Garnier dont les façades étaient (et sont toujours d'ailleurs) en cours de toilettage.....l'idée m'était alors venue de poser la question : mécénat ou sponsoring ? avec plusieurs exemples contractuels à l'appui.

Il n'y aurait pas de récidive ce soir sur le sujet, si je n'avais pas récemment lu dans les colonnes du Figaro quelques lignes sur le sujet (faisant notamment état des moyens de financement des travaux de rénovation de certains musées) et surtout à l'écoute ce jour d'un journal télévisé régional, pointant lui aussi ce sujet visiblement source de polémique. Ce billet a donc pour vocation de préciser mon premier chapitre et de le conforter encore un peu plus par des avis plus objectifs que mon seul et unique point de vue parfois teinté d'un parisianisme quelque peu exacerbé....

C'est l'actualité politique parisienne que vient en fait relayer les deux informations lues et entendues, la ville de Paris réfléchissant en effet actuellement à une réglementation visant à limiter ces bâches publicitaires, pas sauvages certes (ben voyons quand il s'agit de mercantilisme, ce ne peut être sauvage...), mais néanmoins désagréable à l'oeil. Pour le profil de la capitale qui devrait être irréprochable afin de préserver son statut de plus belle capitale du monde et de destination touristique phare, il me semble que cette réglementation devrait effectivement être (déjà) mise en place.

A qui la faute si, à l'Opéra Garnier trône une voiture de sport rouge vif sur un fond jaune non moins criard couronnant ainsi l'avenue de l'Opéra d'une diadème commercial ? Si Opéra Bastille ailleurs c'est Chanel ou Yves Saint Laurent, ce peut être aussi H&M, Volvo, Air France ou bien Carrefour qui s'affichent sur de prestigieux et vénérables murs comme ceux du musée d'Orsay ou encore de grandes adresses qui jouxtent les Champs Elysées ou la Place de la Madeleine. Et bien la faute (enfin si l'on peut dire) revient à l'article L.621-29-8 du code du Patrimoine, récemment codifié en 2007, qui stipule que «dans le cadre de l'instruction des demandes d'autorisation de travaux sur les immeubles classés ou inscrits, l'autorité administrative chargée des monuments historiques peut autoriser l'installation de bâches d'échafaudage comportant un espace dédié à l'affichage». Ainsi, les bénéfices tirés de la location de l'espace en question doivent intégralement être dédiés à sa rénovation. Il ne s'agit donc pas de mécénat mais bien d'une démarche purement commerciale....

Un premier cadre existe néanmoins déjà comme l'explique la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) pour le cas des musées, à elle revient en effet la charge de vérifier que les revenus générés viennent en déduction du budget nécessaire aux travaux et que l'échafaudage où la publicité est installée est réellement nécessaire, l'annonce ne devant enfin pas non plus occuper plus de 50 % de la surface de la bâche qui sera apposée. La DRAC précise encore que le visuel de l'annonce reste le critère le plus important. Le lien entre le message et le musée n'étant pas forcément nécessaire. 

Mais ça c'est pour les établissement publics....quid des établissements privées et des grandes enseignes ? Et bien le public "subit" le racolage publicitaire "taille King Size"... A entendre le micro trottoir (très consensuel) réalisé par France Télévision, les passants parisiens sont aussi bien hostiles qu'accueillants vis à vis des toiles colorées et "revanchardes" envers les pauvres consommateurs (ou devrait on dire "gogo" ?) que nous sommes.... Comme l'indiquent certains élus, cet affichage "XXL" reste tout de même envahissant, voire même "irrespectueux" tant envers le patrimoine parisien (et en même temps national) qu'envers le parisien ou le touriste de passage... S'il est vrai que ces publicités permettent de boucler des budgets parfois colossaux pour l'entretien ou la rénovation de bâtiment le nécessitant et qu'en cela la finalité est louable (la fin ne justifie t elle pas les moyens ?) : en effet ce sont en moyenne 70 000 € de revenus par mois ...il n'en reste pas moins que le "vivre ensemble" parisien est un peu mis à mal et qu'on est plutôt là en présence d'un bombardement d'images qui agresse notre patrimoine comme notre liberté. Pour reprendre quelques mots de Laure Adler interrogée sur le sujet, on serait tenté de dire que ce genre de démarche est presque "préjudiciable pour notre démocratie".

Les professionnels de la communication tente eux de réconcilier "pro" et "anti" pub en mettant en oeuvre des chantiers où les bâches ne "vendent" rien de particulier mais ne font pas moins parler de la marque qu'elles représentent pour autant...ou comment faire parler de soi Opéra Bastille sans l'ouvrir (ah ah)....ce qui est, parait il "in fine" beaucoup plus efficace, commercialement parlant (ah ah ah...) et acceptable pour l'oeil du consommateur...puisque cela en  devient intriguant....Et oui, voilà plutôt une façon adéquate de réconcilier "mécènes", commanditaires et consommateurs, ces derniers étant déjà suffisamment envahis voire "matraqués" d'images et d'informations, notamment commerciales.....Il semble enfin concevable pour certaines marques de chercher à faire réfléchir leur client potentiel plutôt qu'à les gaver d'un message mercantile qui ne peut plus les toucher.

En tout cas il paraîtrait que la mode des bâches d’échafaudages fasse des émules chez les particuliers qui pourront, en respectant une superficie de 16 m² de superficie de publicités, faire payer (ou presque) la note d'un ravalement ou autre réfection....une revanche ?

NDLA: Les photos d'illustration ne reflètent pas des façades "malades" (c'est à dire en rénovation), mais il se trouve que je n'arrive plus à mettre la main sur certains fichiers de photos qui étaient parfaitement appropriés au sujet traités ce jour.... :(

HaFIP Birthday FIP !

Et oui, en ce mois de janvier, France Inter Paris (FIP pour les parisiens) fête ses quarante ans.....Puisque cela concerne directement Paris et ses habitants, je me devais d'en parler ne serait ce qu'à travers quelques lignes....

Car FIP, ce n'est pas n'importe quelle radio.... mais bel et bien une radio à part qui se définit elle même comme éclectique, originale, indépendante et .....parisienne..... la voix de Paris .....délivrée aux parisiens par les "Fipettes" qui sussurent et enjolivent par leur voix mutine, coquine mais également terriblement sensuelle, les informations ainsi distillées à toute heure de la journée.
Un style particulier donc, lancé en janvier 1971 et qui accompagne les auditeurs parisiens dans leur voiture ou dans leur canapé.....un goût pétillant, "un supplément d'âme, d'humour et d'amour" comme aime à la rappeler Jane Villenet arrivée à l'âge de 17 ans sur les ondes. Si le ton de la voix est capital, le sens de la formule ne l'est pas moins, précisions d'ailleurs à ce sujet que les "Fipettes" sont toutes auteures de leurs textes, ce qui a valu aux parisiens englués dans leurs embouteillages de fabuleux "il neige dans le sens Paris-Province" qui reste probablement encore dans quelques mémoires. 
Une radio qui n'est pas pour autant féministe, sans revendication particulière, mais qui affiche aujourd'hui comme le souligne Miss Villenet, un ton "plus insolent", "plus direct", les voix sont travaillées différemment "on concentre plus notre rôle sur le contenu de nos textes sur la complicité avec l'auditeur". Si les voix sont certes moins planantes, elles n'en restent pas moins chargées de féminité, toujours autant caressantes et apaisantes. Les voix de FIP sont également plus diversifiées "à l'image d'une radio soucieuse de se détacher des étiquettes" tout en voulant rester fidèle à ses origines.
Ce qui caractérise aussi la radio parisienne, c'est l'absence d'interruption publicitaire qui permet un véritable fond sonore de qualité, un accompagnement digne de ce nom pour chaque instant de la journée. Et puis c'est aussi la volonté de dénicher et de faire découvrir aux auditeurs de nouveaux talents, toutes catégories confondues (jazz, pop, rock, swing, chanson française...), diversité affichée, fierté et fer de lance de la radio. Ainsi, ce sont des Arthur H, Mathieu Chedid, ou encore Jacques Higelin qui ont bénéficié du coup de pouce de FIP.
Un éclectisme intemporel donc, qui semble porter ses fruits et plaire, ces 40 bougies en étant la preuve. Si certains enchaînements peuvent parfois paraître audacieux, ils n'en restent pas moins à chaque fois des valeurs sûres, éloignées de toute marque de mauvais goût, un doux rivage pour les oreilles souvent agressées aux abords d'autres ondes...

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Quand la muséologie parisienne s'éveillera...

Ce billet est comme le second chapitre de mon article de jeudi dernier évoquant la léthargie de la municipalité dans la gestion des musées dont elle a la responsabilité. Je faisais le constat, par l’intermédiaire d'un article du Figaro, de la pesanteur et de la somnolence de la Mairie de Paris pour faire vivre et prospérer les 14 structures à sa charge. Depuis jeudi dernier, j'ai ici et là encore glané quelques informations venant donc compléter et approfondir ce premier état des lieux. Il convient tout d'abord de rappeler que tous les musées de la capitale ne sont pas gérés de la même façon. Ainsi, Orsay et le Louvre pour ne citer que ces deux mastodontes de la ma muséologie française sont des EPA (établissements public à caractère administratif) dépendant de la Réunion des Musées Nationaux, donc de l'Etat. 

Ainsi comme le relate les services de la municipalité sur le site Paris.fr :
"Actuellement, les 14 musées (voir seconde partie de l'article ci-dessous)- et les millions d'oeuvres qu'ils contiennent - sont gérés par la municipalité à la direction des affaires culturelles (personnel, billetterie, réserves, sécurité…), tandis que la production des expositions et des éditions (catalogues) est assurée par la société Paris Musées, en délégation de service public. D’après les propositions émanant d'un rapport remis en 2010 au maire de Paris, et après une période de préfiguration (qui devrait durer un an et demi), les quatorze musées municipaux seront regroupés au sein d'une agence, un établissement public administratif doté d'un budget propre et d’une autonomie juridique. Ils bénéficieront d'un cadre plus souple pour organiser leurs expositions, éditer leurs publications. Ils fonctionneront avec les équipes rassemblées, issues de la DAC et de Paris musées.

"Un manque de souplesse était reconnu" a dit M. Girard mercredi 19 janvier à la presse. "Cela ne ressemblait pas à l'ère soviétique mais il y avait des lourdeurs inhérentes à des établissements qui ont leur propre vie et doivent en même temps entrer dans une gestion administrative générale". "Il faut prendre en compte", a poursuivi l'adjointe chargée du patrimoine, Danièle Pourtaud, "le contexte de l'offre et de la concurrence" dans une capitale comme Paris où l'offre culturelle est foisonnante". 

Alors que les plus beaux sites muséaux de Paris reflètent cette mauvaise gestion du Patrimoine (je vous recommande vivement l'article de Delanopolis sur l'état du palais de Tokyo, hôte du Musée d'Art Moderne), on ne peut que louer et féliciter la Mairie de Paris de prendre des initiatives, qui semblent donc s'apparenter quelques fois plus à du sauvetage qu'à une simple modernisation ou innovation.....

Mais mieux vaut tard que jamais et mieux vaut agir que laisser mourir...alors profitons en ce début d'année des premiers soubresaut d'un réveil annoncé : 
En visitant par exemple les différentes collections des musées parisiens mises en ligne sur un portail internet permettant ainsi à l'internaute de mieux connaitre les oeuvres tout en restant dans son fauteuil  (génial comme "coupe-fil"....), mais aussi en profitant du développement de la billetterie en ligne (vrai "coupe-fil" cette fois... qui peut en effet permettre de ne pas choper la crève en faisant la queue sur les trottoirs humides des dimanches de printemps ou de Toussaint...), ou encore aller visiter les nouveaux sites que s'apprête à ouvrir la municipalité dans les catacombes, à Carnavalet ou à Cernuschi ; et devenir enfin noctambule par les nouvelles nocturnes qui sont proposées pour certaines expositions.

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